
« Une écriture imagée »
Rémi Blanchard est un artiste français, disparu dans la fleur de l’âge, à seulement 35 ans. Il est connu pour être l’un des quatre fondateurs de la Figuration Libre aux côtés de François Boisrond, Robert Combas et Hervé Di Rosa. S’il est entré à l’école des Beaux-arts à l'âge de 18 ans et a reçu une formation classique, c’est son entourage, ses rencontres et ses amitiés, notamment avec Di Rosa, qui influencent son travail et lui permettent de trouver une voie propre, en marge des tendances dominantes du marché.
Dans le groupe de la Figuration Libre, il détonne un peu par sa personnalité presque trop sage à l’opposé de ses 3 amis. Il est celui qui ne se drogue pas, calme et réfléchi, parfois rêveur. Il est perçu comme le gendre idéal, charmeur discret et infatigable. Sa personnalité se retrouve tout naturellement dans ses oeuvres douces et épurées qui contrastent avec les styles rythmés et saturés de Combas ou Di Rosa.
Rémi Blanchard développe un univers propre, dans un style naïf. Ses sujets puisent dans un répertoire en dehors du réel : celui des contes populaires. Ses oeuvres sont comme de petites saynètes où les animaux sont protagonistes au même titre que les humains ; on y trouve des personnages imaginaires en situation domestique. Les histoires de Rémi Blanchard se croisent et se répètent inlassablement renforçant le sens des unes et des autres, d’autant plus qu’il produit à un rythme soutenu (environ 40 oeuvres par an).
Hervé Di Rosa dira de Rémi Blanchard qu'il “avait réussi depuis longtemps ce grand écart entre l’imagerie populaire et la peinture la plus exigeante de Matisse, Gauguin, Chagall, Klee ou Léger.” En effet, le style du jeune homme, efficace, épuré, poétique presque enfantin dans sa simplification à l’extrême ne connaît jamais de superflu ni de surcharge. Rémi Blanchard décrivait sa peinture comme "une écriture imagée", une écriture qu'il tendait à "simplifier encore plus". C’est bien là son tour de force, la peinture de Blanchard, “avec très peu de traits, de figures, de couleurs, vous entraîne vers des contrées de rêve” (Hervé Di Rosa 2003).